L’ESSENTIEL
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La dernière enquête internationale PISA a révélé une baisse du niveau en lecture, en particulier des textes longs.
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Outre des capacités d’attention, la lecture dite « profonde » dépend de l’écho que le texte suscite en chacun.
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Quelles conditions préserver pour que la lecture reste un moyen de se construire et de donner forme à son expérience ?
Les jeunes de 15 ans comprendraient moins bien les textes qu’ils lisent qu’il y a quelques années. Et la baisse de leurs performances serait particulièrement marquée lorsque les textes sont longs. C’est l’un des constats de la dernière édition de l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Parmi les causes régulièrement invoquées pour expliquer cette dynamique négative figure la captation de notre attention par certains dispositifs numériques, dont les mécanismes seraient conçus pour maximiser notre engagement. Ce phénomène s’ajouterait à un mouvement plus ancien d’accélération de nos sociétés décrit par le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa.
Notre rapport au temps et à l’information serait ainsi devenu de moins en moins compatible avec la lecture prolongée : notre capacité à nous engager dans ce que Maryanne Wolf, professeure émérite en éducation à l’UCLA, appelle la « lecture profonde » se serait progressivement érodée, nous faisant peut-être glisser vers cette « civilisation du poisson rouge » décrite par le dirigeant de presse Bruno Patino.
Mais parler de « lecture profonde » peut être trompeur. Il ne s’agit pas d’une capacité cognitive unique que nous posséderions plus ou moins. Lire longuement un texte en cherchant à le comprendre mobilise au contraire un ensemble de processus qui doivent fonctionner de concert.
Lire pour construire du sens
Pour Maryanne Wolf, la
Auteur: Frédéric Bernard, Maître de conférences en neuropsychologie, Université de Strasbourg
