Pourquoi partir en vacances ? Une brève analyse des bienfaits de la déconnexion

L’été est là et les Français les plus chanceux partent en vacances. Mais au fond, sait-on vraiment pourquoi ce rite migratoire se répète année après année ? De prime abord, la réponse à une telle question paraît évidente : il s’agit de changer d’environnement, d’activité et de rythme, se ressourcer pour revenir « en forme » et affronter plus efficacement le quotidien. Pourtant, le tourisme fut inventé par la jeunesse aristocratique anglaise du XVIIᵉ siècle, une petite élite oisive pour qui le besoin de déconnexion n’était guère indispensable.

Le but premier était culturel : découvrir l’Italie et ses trésors artistiques et culturels. Ce « Grand Tour » – que Stendhal francisa en « tourisme » – devait transformer cette heureuse minorité en gentlemen accomplis.

Puis les motivations touristiques s’élargissent au XIXe siècle, de même que le public concerné : c’est pour des raisons hygiénistes que la bourgeoisie parisienne s’échappe de la capitale pour rejoindre les villégiatures normandes. L’écrivain Marcel Proust passe ainsi ses vacances à Combray puis Balbec, à l’époque où naissent des stations balnéaires comme Deauville, notamment sous l’impulsion de médecins français.

Il faut attendre le siècle dernier et l’avènement des congés payés pour voir le besoin de déconnexion émerger. Les ouvriers des grandes villes, dès 1936, s’échappent à la campagne, à la mer ou à la montagne pour oublier quelque temps les difficultés du quotidien dans leurs logements sans confort, et profiter à leur tour d’un été oisif à l’image des personnages du film de Jacques Tati, Les vacances de Monsieur Hulot (1953).

Bande-annonce de Les vacances de Monsieur Hulot (1953) de Jacques Tati.

Aujourd’hui, ce besoin d’évasion, de déconnexion, de lâcher prise, est considéré comme…

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Auteur: François Lenglet, Maître de conférences en sciences de gestion / marketing, Université Savoie Mont Blanc

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