Pourquoi se fait-on tunneliser ? (Et comment s’en sortir ?)

Se prendre un tunnel”, “se faire tunneliser”, … L’expression dit bien la sensation d’être prisonnier du flot de paroles ininterrompu d’un interlocuteur qui monopolise l’échange jusqu’à pomper tout votre élan vital. Derrière cette logorrhée souvent centrée sur soi et répétitive, se cache une expérience relationnelle marquée par un profond sentiment de non-considération pour qui la subit. Fréquente dans les environnements professionnels, notamment là où les rapports d’expertise et de hiérarchie structurent la parole, cette “tunnelisation” procède également de biais liés au statut social ou au genre. Et puis, il y a aussi les tunnels du quotidiens (lors d’une soirée, dans un dîner, sur un palier d’immeuble,…) qui ne relèvent, a priori, d’aucune hiérarchie et qui pourtant produisent en nous la même sensation d’accablement. Et si on éclairait ensemble le tunnel ?

Lundi, 9h15, salle polyvalente, réunion de service. Vos collègues prennent place autour de la table. Les corps sont en réunion, les esprits sont encore en week-end. Les biscuits dans la panière sont mangés machinalement — ils sont écoeurants, mais disparaissent quand même. Ce n’est pas de la faim, c’est de l’ennui. On débute par l’ordre du jour. Rapidement, les échanges patinent et s’enlisent. Constatant que tout ça ne va nulle part, vous sortez de votre demi-sommeil et prenez la parole, non pour sauver cette réunion (quelle idée !), mais pour retarder votre délitement mental en ramenant un peu de concret : “Peut-être qu’on pourrait aborder ça autrement… en faisant un lien avec untel…” Mais votre intervention sera vite balayée. Vous espériez du concret ? C’était sans compter sur Philippe, cadre référent exécutif de proximité. Jusqu’ici silencieux, l’air grave et occupé à observer les autres participants comme un documentaire animalier, il interrompt votre phrase d’un bruit de gorge…

La suite est à lire sur: frustrationmagazine.fr
Auteur: Maxime Devars

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