Il y a environ 8 milliards d’humains en 2022, dont 50 % de femmes. Ces dernières, bien qu’aussi nombreuses que les hommes, sont sous-représentées dans les domaines scientifiques.
Aussi, parmi les 956 lauréats du prix Nobel, compte-t-on seulement 60 femmes, soit 6 % : les différences entre les femmes et les hommes seraient-elles de nature à justifier une telle disparité ?
Des différences naturelles ?
La première différence est chromosomique. L’être humain a 23 paires de chromosomes, la dernière paire étant différente selon le sexe : 2 chromosomes X pour les femmes, et un chromosome X et un chromosome Y pour les hommes. Cette différence chromosomique rend compte de celle des organes génitaux, différenciables dès la naissance dans plus de 99 % des cas. À cette différence génétique, s’en ajoute une autre : celle de genre.
Le genre est une norme sociale qui définit la manière dont nous devons, selon notre sexe, nous comporter (manières de prendre la parole, de s’asseoir, de marcher, de danser, etc.). Les normes varient : au 1VIIe siècle en France, les hommes fortunés portaient des chaussures à talon, à l’image de leur positon sociale élevée. En Europe aujourd’hui, à l’exception des Écossais, peu d’hommes portent des jupes. Mais, en Asie, la jupe est très répandue chez les hommes. Ces variations dans le temps et dans l’espace montrent que, dans l’expression de caractéristiques genrées, ce qui compte n’est pas le sexe de la personne, mais, avant tout, le contexte social et culturel.
Le genre se définit aussi par des stéréotypes sur des compétences et des aptitudes, souvent considérées comme innées, dont on verra qu’ils expliquent largement pourquoi les femmes sont si peu présentes dans les sciences.
On sait que, dès le plus jeune âge, l’environnement des garçons et des filles diffère en fonction de ces stéréotypes. Pourtant, à l’entrée en CP, les filles sont…
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Auteur: Clotilde Policar, Professeure, directrice des études sciences à l’ENS, École normale supérieure (ENS) – PSL

