Faire de ses loisirs une source de revenus. Sur le papier, cela peut sembler une solution intéressante grâce à laquelle cumuler des revenus. Gare à ce mirage, notamment dans le contexte états-unien. Si les loisirs existent, c’est pour qu’une partie de nos vies échappent à la sphère marchande.
Que se passe-t-il lorsque nos activités ludiques deviennent un moyen supplémentaire de gagner de l’argent ? À une époque marquée par la culture du « travailler toujours plus » et avec la hausse du coût de la vie, certaines personnes se sentent poussées à transformer leurs loisirs en activités complémentaires.
L’économie des petits boulots (aussi appelée_ gig economy_) a rendu cette monétisation plus facile que jamais. Une part croissante du travail s’effectue désormais dans le cadre de contrats à court terme, flexibles, à distance et en free-lance. Des plateformes numériques, telles qu’Uber, TaskRabbit, Rover, Skip The Dishes ou encore Etsy, offrent aux gens de monétiser facilement leurs loisirs.
Pour certains, ces occasions offrent une certaine flexibilité ou un moyen de compléter leurs revenus dans une économie où le coût de la vie est élevé. Mais elles peuvent aussi transformer des activités qui étaient autrefois source de détente en une nouvelle source de productivité.
À lire aussi :
L’économie numérique va t-elle nous transformer en « slashers » ?
Quand un hobby devient un travail
Je l’ai appris à mes dépens lorsqu’un passe-temps que j’adorais est devenu mon gagne-pain. Pendant mes études supérieures, alors que je peinais à joindre les deux bouts, j’ai obtenu un diplôme de coach sportif pour gagner ma vie grâce à des activités que j’aimais : le yoga, la course à pied et la musculation.
Ce que je n’avais pas réalisé, c’est que la joie que j’éprouvais autrefois allait rapidement se transformer en épuisement professionnel. Je ne faisais…
Auteur: Aly Bailey, Assistant Professor in Recreation and Leisure Studies, University of Waterloo

