L’autrice y parle psychologie sociale, philosophie et sociologie avec clarté et profondeur. Déjà, dans La fabrique du viol, j’avais repéré une réflexion que je reproduis ici en partie : « Associer les violeurs à des animaux [des porcs] pose problème sur les plans du spécisme, du racisme et du sexisme. (..) Je n’ai jamais été violée par un porc (…) On a beau craindre le grand méchant loup et associer les animaux sauvages à la violence, celle que nous vivons au quotidien provient de notre propre espèce. Les violeurs sont bel et bien humains. Avec 24 millions de porcs et de truies assassiné-es par des humain-es chaque semaine, ce sont eux et elles qui auraient de bonnes raisons de nous balancer. »
Voilà pour le « Balance ton porc ! », c’est dit !
Si vous trouvez que cette réflexion est déplacée, futile, ou absurde, Pourquoi Trump ne mange pas de tofu vous est tout destiné. L’autrice dialogue en effet avec nos réflexes de pensées les plus ancrés. Et elle démontre avec brio pourquoi la question animale est une question politique et féministe, qu’elle nécessite un changement social indispensable.
« Ce n’est pas [la] nature [des animaux] mais notre égoïsme qui condamne nos victimes à la souffrance. »
Suzanne Zaccour parle à la fois de « veganisme » et d’antispécisme dans un style toujours très abordable, enrichi de vécu – notons au passage que si l’antispécisme se concrétise, entre autres, par un régime végan, le véganisme lui ne se concrétise pas nécessairement par une approche antispéciste.
L’autrice effectue un approfondissement des liens entre féminisme et antispécisme, et des liens entre oppression des femmes et spécisme. De sorte que par exemple : « Dans une culture qui associe la viande à la virilité, les objectifications sexiste et spéciste convergent » ; les illustrations reproduites dans l’ouvrage, souvent banalement odieuses, confirment les thèses…
Auteur: Yeun l-y

