Aiguillon (Lot-et-Garonne), reportage
Pas de répit pour Sylvain Delamare, maraîcher à Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne. Pas le temps de digérer ces longs jours d’angoisse face à cette double crue, celle du Lot puis celle de la Garonne, qui a inondé sa Ferme des Aigrettes où il cultive en bio, sur 4 hectares, quelque 40 cultures différentes.
Les retentissements des sirènes d’alerte à chaque seuil de la montée des eaux ont rythmé le quotidien de l’exploitation, qu’ils ont dû déserter pendant dix jours avec sa compagne et associée, Karina Thiroux, et leur fille de 8 ans. Aujourd’hui, les eaux, qui sont montées jusqu’à 30 cm sous la serre de 4 000 m2, se sont retirées. Et il faut agir vite.
Dans le Lot-et-Garonne, Aiguillon et Meilhan-sur-Garonne figurent parmi les 63 communes du département où l’état de catastrophe naturelle a été reconnu, à la suite des inondations et coulées de boue.
Chrystèle, salariée sur l’exploitation, file, après une rapide pause-café, les mains chargées d’outils : « L’humidité va commencer à détériorer les cultures, on va ramasser autant que possible, en espérant que le temps nous aide. Il suffit encore d’un peu d’eau pour que ça déborde encore », explique-t-elle, en désignant du menton la Garonne qui coule à 300 m de là.
Développement de maladies
Les chaleurs sont revenues brutalement dans le Sud-Ouest, après des records de pluviométrie ces deux derniers mois et le passage de la tempête Nils, le 11 février. La veille, il a fait jusqu’à 30 °C sous la serre — idéal pour le développement des maladies. Déjà, de premières traces de mildiou sur les épinards sont apparues. Les aillets doivent être récoltés, sans quoi ils vont pourrir. Les oignons comme les choux rouges, sous le stress, menacent de monter en graine. Le mesclun, culture trop sensible à la qualité de l’eau, ne sera pas vendu.
Il est encore trop tôt pour chiffrer les…
Auteur: Ariane Puccini

