Le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation pour lutter contre l’inceste, qui concerne une personne sur dix en France. Pour Françoise Fericelli, médecin pédopsychiatre engagée dans la protection et le soin des enfants maltraités, l’enjeu est surtout de modifier l’accueil de la parole des enfants, notamment dans le cadre médical. Car aujourd’hui, les médecins effectuant des signalements sont toujours passibles de sanctions.
Vous avez été sanctionnée (1) par l’Ordre des médecins, après des signalements au procureur car vous soupçonniez des violences physiques, psychologiques et sexuelles sur les enfants que vous suiviez. Qu’est-ce qui vous a conduit à former le collectif Médecins stop violences ?
L’affaire est en cours d’instruction sur le fond par le conseil d’État. La sanction n’est donc pas définitive.
Le déclic pour créer ce collectif, ça a été la mort d’un enfant de la fratrie d’un de mes petits patients. J’étais poursuivie par le père après un signalement pour des suspicions de violences sur les enfants. Le père était déjà condamné pour violences conjugales et il n’exerçait plus l’autorité parentale par décision de justice. Et quelques jours après ma condamnation par l’Ordre à un avertissement, cet enfant de dix ans s’est suicidé. Je me suis dit que je ne pouvais plus me taire. Je connaissais Eugénie Izard (une pédopsychiatre interdite d’exercer à la suite de signalements) et nous avons décidé de créer un collectif afin de nous organiser à plusieurs pour mieux défendre les enfants et dénoncer les poursuites de médecins protecteurs. Car il y a une véritable peur dans la profession.
Peut-on quantifier le nombre de médecins poursuivis pour avoir voulu protéger des…
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Auteur: Pauline Migevant

