Poutine : le risque de la fuite en avant

Que va faire Vladimir Poutine de cette tragédie ? Après le massacre commis le 22 mars par la branche afghane de l’État islamique, dans une salle de spectacle située dans la banlieue de Moscou, la grande question au Kremlin n’est pas, du moins publiquement, de comprendre le pourquoi et le comment de cette attaque qui a fait, selon un bilan encore provisoire, 137 morts et des centaines de blessés, mais de désigner le « coupable » qui sera utile au discours officiel. On en a eu rapidement un aperçu. Contre toute évidence, mais sans surprise, le président russe a pointé, d’un doigt d’abord hésitant, la responsabilité de l’Ukraine.


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Après avoir enfin concédé que l’opération était l’œuvre d’un commando islamiste, il a dénoncé les « commanditaires ». L’Ukraine, bien sûr ! L’Ukraine téléguidant l’État islamique. L’Ukraine « nazie ». Il n’y a pas de mensonges trop gros pour le maître du Kremlin. Poutine pourra-t-il aller plus loin dans la construction d’un récit que tout contredit ? Son problème n’est évidemment pas de convaincre la terre entière, mais d’enfermer un peu plus l’opinion russe dans sa « vérité alternative ». Et tout doit ramener à l’Ukraine, car c’est dans cette guerre qu’il joue sa survie politique. S’il y parvient, il y aura tout à craindre d’un déchaînement de violence à venir. Mais que peut-il faire qu’il n’ait déjà commis ?

Dans l’immédiat, il faut dissimuler les faiblesses que l’attentat du 22 mars a mises en évidence. Prisonnier de ses certitudes et de son idéologie, Poutine n’a pas pris en compte les avertissements qui lui avaient été transmis par les renseignements américains. Il a même…

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Auteur: Denis Sieffert

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