Poutine est-il un nouvel Hitler ? Les Gazaouis sont-ils victimes d’un génocide ? L’actualité, si sombre, ne cesse de réveiller en nous les fantômes du passé. Nous hésitons à convoquer un lexique hérité des pires tragédies du XXe siècle. Il se justifie parfois. Mais en n’excluant pas d’envoyer des troupes en Ukraine, Emmanuel Macron a surjoué le « tragique de l’histoire ». S’est-il pris pour Churchill, qui avait compris qu’il ne servait à rien de vouloir amadouer un dictateur ? A-t-il voulu nous dire que céder le Donbass à Poutine ne calmerait pas plus ses appétits expansionnistes que l’abandon des Sudètes n’avait calmé Hitler en 1938, ce qui est infiniment probable ?
Nous devons donner aux Ukrainiens les armes dont ils ont besoin, sans tenter le diable.
Mais en prétendant réveiller les consciences, le président français a semé la panique. Il a braqué ses partenaires européens et effrayé l’opinion française. La vérité, c’est qu’il a voulu instrumentaliser une situation internationale incandescente à des fins de politique intérieure. Mais ses excès de langage ne doivent pas nous faire perdre de vue que l’interrogation est pour l’instant sans réponse. On ne sait pas qui est Poutine. Lui céder tout ou partie du Donbass, au nom d’un pacifisme qui nous protégerait des foudres nucléaires, serait bien risqué. L’homme a déjà annexé la Crimée, une partie de la Géorgie, et il mord aujourd’hui sur la Moldavie.
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Il a montré en Tchétchénie et en Syrie qu’il ne recule devant aucun massacre. Le pape François a tort de s’inviter dans cette funeste rétrospective, en proposant au plus mauvais moment de « hisser le drapeau blanc » (1). Ce…
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Auteur: Denis Sieffert

