Une petite musique insistante nous dit que Vladimir Poutine serait mal en point. Il ne s’agit pas tant de l’homme que de ce qu’il incarne : la volonté de puissance et un impérialisme revanchard. Il ne lui est plus possible, en effet, de nier la guerre, ce mot longtemps interdit. L’ennemi rend coup pour coup. Sur le plan militaire, l’Ukraine reprend du terrain. Même les apparences ne peuvent plus être sauvées.
Le plus grave pour Poutine est cette faiblesse qu’il est obligé de laisser paraître : un défilé du 9 mai réduit à sa plus simple expression ; point de missiles ni d’avions de combat sur la place Rouge, peu d’invités étrangers, sauf quelques dictateurs comme le représentant nord-coréen et les autocrates habituels de l’Asie centrale. Sur la tribune, des fidèles, rien que des fidèles. Avec ce terrible soupçon : un Brutus se cache-t-il parmi eux ?
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Car ce n’est pas le peuple que craint Poutine, mais ses plus proches « amis », qu’il a isolés de l’Occident qui les enrichissait à milliards. La paranoïa stalinienne est décidément une maladie contagieuse.
Quelques mots ont frappé les observateurs dans la conférence de presse d’après-défilé : « Je pense que cela [la guerre] touche à sa fin », a-t-il glissé, presque inopinément. Il faut bien sûr se garder de surinterpréter la parole d’un autocrate qui tente de rendre espoir aux élites qui l’ont jusqu’ici soutenu. Mais tous ces aveux de faiblesse sonnent comme un premier bilan de cette guerre. Quelle qu’en soit l’issue, après 350 000 morts russes, c’est une défaite de Poutine (1).
Chiffre…
Auteur: Denis Sieffert

