Depuis au moins 2021, le patronyme Sonko est devenu un nom de famille digne d’intérêt dans l’espace politico-médiatique sénégalais. Aussi bien dans les médias traditionnels que sur les réseaux sociaux, le degré d’attention comme d’indignation porté sur l’homme politique Ousmane Sonko trahit une certaine propagande politique.
Écarté de l’élection présidentielle du 24 mars, Ousmane Sonko, au cœur d’un feuilleton politico-judiciaire depuis plusieurs années, a misé sur la candidature du Sereer Bassirou Diomaye Faye, son lieutenant. Sonko a été arrêté et détenu en juillet 2023 pour plusieurs chefs d’inculpation.
Comme son leader, Faye était également poursuivi pour “outrage à magistrat” et “diffamation”, entre autres. Ils ont été tous les deux libérés, le 14 mars, à la faveur d’une loi d’amnistie portant sur les faits liés aux manifestations politiques ayant secoué le pays entre février 2021 et février 2024.
Il y a une forme d’endoctrinement, pour ce phénomène de médiatisation de Sonko, avec un narratif tendant à représenter en bien ou en mal le personnage.
La couverture médiatique parfois très critique opte pour une ligne discursive sur le vivre ensemble sénégalais. Il s’agit de s’ériger en “défenseur de la République et contre l’ethnicisme” en alertant sur le phénomène Sonko. Il bénéficierait d’une indulgence coupable, une sorte de “pacte de soutien conclu aveuglément par les élites casamançaises”; singulièrement par les “Diolas et le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC, indépendantiste)”.
Une révélation aux “relents ethnicistes et régionalistes jugés totalement irresponsable dans un contexte marqué par des violences extrêmes”. En effet, les Sénégalais ont cultivé un modèle du vivre ensemble qui permet de mettre en avant certaines valeurs qui fondent leur nation, des garde-fous contre toute mise en péril de la cohésion…
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Auteur: Pape Chérif Bertrand Bassène, Senior Lecturer, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

