La visibilité a toujours été importante dans les décisions des gens concernant leur lieu de résidence et l’aménagement de leurs espaces. Les gens établissent des liens avec ce qu’ils peuvent voir. Être capable de voir des points de repère importants, tels que certains sommets de montagnes, rivières ou sites ancestraux, pourrait contribuer à renforcer le lien d’une communauté avec son paysage culturel et spirituel.
Certaines personnes préfèrent les maisons avec des vues panoramiques, comme les appartements donnant sur des parcs ou des fronts de mer, et les entreprises choisissent souvent des emplacements très visibles pour attirer les clients. Dans les contextes anciens comme modernes, la visibilité joue un rôle clé dans la façon dont les gens se positionnent dans leur environnement.
C’est pourquoi la visibilité est un concept utile pour étudier le passé.
Les archéologues s’intéressent à ce que les espaces visibles et cachés représentaient pour les peuples des cultures anciennes. Ils utilisent la notion de visibilité pour examiner des éléments tels que l’emplacement des établissements, les relations sociopolitiques ainsi que le moment et le lieu où les gens ont choisi de se déplacer.
Au cours des 30 dernières années, ils ont bénéficié des outils numériques tels que les systèmes d’information géographique (SIG). Un SIG est un système informatique qui utilise des logiciels et des données pour cartographier, analyser et gérer des informations géographiques.
Mais cette méthode est encore sous-utilisée en Afrique. Elle n’a été adoptée que récemment et très peu d’études de visibilité ont été menées sur le continent.
Je suis spécialiste des données géospatiales axées sur la découverte des modèles spatiaux et des relations dans les données archéologiques. Je travaille avec le projet Arcreate, un groupe de chercheurs étudiant la mobilité, la migration, la créativité et la transmission des…
Auteur: Mncedisi Siteleki, Researcher, University of Oslo

