Avez-vous eu froid l’hiver dernier ? Bravo, vous faites partie du plus du tiers de Français qui ne peuvent se chauffer correctement, essentiellement pour des raisons financières ou de mauvaise isolation. Il y a de quoi frémir à lire le dernier baromètre de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), publié le 18 novembre. Avec des chiffres encore plus saisissants pour certaines catégories de population : 45 % pour les locataires, 48 % pour les moins de 35 ans et jusqu’à 63 % pour les agriculteurs.
Selon cette enquête menée sur un panel de 2 000 personnes, 35 % de Français déclarent avoir eu des difficultés à payer leurs factures d’énergie en 2024, contre 14 % il y a seulement cinq ans. Une réalité qui se retrouve aussi dans le nombre croissant de problèmes d’impayés recensés par le Médiateur de l’énergie : 1,2 million d’interventions en 2024. « Un doublement en cinq ans », déplore Maider Olivier, chargée de plaidoyer à la Fondation pour le logement des défavorisés. Elle coordonne la journée du 18 novembre contre la précarité énergétique, portée depuis cinq ans par dix-neuf organisations luttant contre la pauvreté et l’exclusion.
Au total, 12 millions de personnes souffriraient de précarité énergétique en France, et pas seulement l’hiver. En 2025, selon le Médiateur de l’énergie, près de 1 ménage sur 2 déclare souffrir de la chaleur en été — sujet d’une proposition de loi transpartisane qui pourrait être examinée début 2026.
Chèque énergie chauffé à blanc
Si la situation s’aggrave, c’est notamment parce que les politiques publiques fuient de toute part, notamment le bouclier tarifaire et le chèque énergie.
Le premier, déployé pendant la crise des prix de l’énergie de 2022-2023, plafonnait l’explosion du coût des énergies — électricité comme fossiles. Une époque « où l’on conseillait aux enfants de mettre des…
Auteur: Elsa Souchay

