Est-il bien raisonnable, dans un monde de plus en plus chaud et de moins en moins sauvage, de construire une usine à vagues à 50 kilomètres de l’océan ? La question déchire des associations de défense de l’environnement et les porteurs d’un projet de surf park à Canéjan, paisible commune de l’agglomération bordelaise.
Doté de deux bassins d’une surface totale de 19 000 mètres carrés, ce surf park pourrait être le premier à ouvrir en France — tous les précédents projets de ce type ayant été annulés en raison de leurs conséquences environnementales. Un autre projet du même type est envisagé à Talmont-Saint-Hilaire, en Vendée. À Canéjan, les travaux de construction de l’Académie de la glisse ont démarré en mai, alors que la justice doit encore se prononcer sur la légalité de son permis de construire. La décision du tribunal administratif de Bordeaux est attendue à l’automne.
Les opposants au projet (Surfrider France, la fédération d’associations Sepanso, le collectif Canéjan en transition…) rêvent de le voir annulé. Ses porteurs, eux, espèrent une ouverture en 2026.
Des « vagues parfaites » pour 250 000 clients par an
Derrière ce projet, quatre hommes : Nicolas Padois, ancien champion de surf et propriétaire d’une école de glisse à Arcachon ; le musicien Édouard Algayon, connu pour sa participation à l’émission télé « Star Academy » au début des années 2000 ; Mehdi Ait Oufkir, PDG de la marque de linge de lit étasunienne Parachute Home ; et Eneko Elosegui, ingénieur et ancien employé de la société Wavegarden, conceptrice du système de génération de vagues artificielles que souhaite utiliser l’Académie de la glisse. Aucun n’a donné suite aux multiples sollicitations de Reporterre.
Leur promesse : offrir des « vagues parfaites » à 250 000 visiteurs par an, à tout moment du jour et de l’année. Finies les rebuffades de l’océan, les…
Auteur: Hortense Chauvin

