Lyon (correspondance), reportage
« Pour faire reculer les industriels qui polluent, il faut s’attaquer à leur image », dit Lucas Miguel. Cet infirmier vivant à Charly, au sud de Lyon, est aux premières loges du scandale des perfluorés (PFAS), surnommés « polluants éternels », qui secoue le territoire. C’est ici, aux portes de la vallée de la chimie, que les usines d’Arkema et de Daikin sont soupçonnées d’avoir massivement contaminé le Rhône, l’air et les terres d’une trentaine de communes.
Après le choc des révélations, comment, en tant que simples citoyens, lutter contre des multinationales de la chimie ? « Le seul moyen de rétablir les conditions d’un rapport de force, c’est de bâtir une action collective », répond l’infirmier. Lundi 3 février, son association PFAS contre Terre a annoncé engager avec Notre affaire à tous le dépôt d’une plainte collective au civil contre Arkema et Daikin. Tous les riverains de la vallée de la chimie peuvent se joindre à cette procédure pour obtenir réparation des dommages subis.
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Ces composés chimiques complexes peuvent provoquer des cancers et des perturbations du système immunitaire. Plus de 220 000 personnes pourraient être touchées dans la région.
« Dissuader » les industriels de polluer
« L’objectif est de bâtir la plus grande action anti-PFAS d’Europe », expose Emma Feyeux, juriste à Notre affaire à tous. À ce jour, le record est détenu par l’Italie, en Vénétie, où 200 plaignants se sont réunis contre la pollution émise par le chimiste Miteni. La jeune femme espère convaincre jusqu’à 500 habitants d’accompagner leur action en justice. « Si chacun demande plusieurs milliers d’euros de compensation, les sommes vont se…
Auteur: Moran Kerinec

