Une forêt transformée en laboratoire à ciel ouvert
À Font-Blanche, station expérimentale de l’INRAE – Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement – rattachée au laboratoire Écologie des Forêts Méditerranéennes d’Avignon, les chercheurs observent les relations entre les arbres, le sol, l’eau et l’atmosphère.
Au milieu des arbres, une tour d’une quinzaine de mètres domine la canopée. Des capteurs y mesurent notamment les échanges de carbone et d’eau entre la végétation et l’atmosphère, dans le cadre du réseau européen ICOS. Les chercheurs suivent également l’état hydrique des arbres.
Depuis 2009, une partie de la forêt est soumise à une réduction de 30 % des précipitations. « Cela simule le niveau de sécheresse attendu à l’horizon 2050 », commence Guillaume Simioni, chercheur et responsable scientifique du site, pour La Relève et La Peste.
L’objectif étant « de comprendre la réponse physiologique de la forêt aux changements climatiques, et non de modéliser le climat lui-même ».
Le pin d’Alep et le chêne vert sont les principales espèces étudiées. « Le pin d’Alep a été initialement privilégié parce qu’il était moins documenté sur d’autres sites expérimentaux français, malgré sa large répartition », précise Guillaume.
La réaction des arbres au manque d’eau
Lorsque l’eau se raréfie, les arbres adaptent leur fonctionnement. « Les arbres utilisent moins d’eau dès qu’ils ressentent un manque », explique Guillaume. « Moins d’eau disponible entraîne aussi une diminution de la photosynthèse. »
Pour autant, les mesures réalisées depuis 2007 ne montrent pas, à ce stade, de tendance significative vers un stress hydrique extrême.
« Il y a une forte variabilité annuelle et la série de mesures est potentiellement encore trop courte pour observer des tendances à long terme », souligne le chercheur.
Les arbres…
Auteur: Chloe Droulez
