Quartier de La Paillade à Montpellier (capture d’écran d’une vidée publiée sur la chaine YouTube de Kaïna TV en 2023)
Les banlieues françaises font l’objet d’un traitement spécifique de la part de l’État : zone urbaine sensible (ZUS), quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), quartier de reconquête républicaine (QRR) sont quelques-uns des labels accolés par les autorités, qui résument ces espaces à l’insécurité. Mais ces quartiers sont surtout des zones de concentration de travailleurs et travailleuses surexploité·es. La preuve par Montpellier, en trois cartes.
À Montpellier, 55 451 habitant·es vivent dans l’un des douze QPV de la Ville, sur une population municipale de 299 096 personnes, soit 18,5 % de la population. C’est surtout le quart nord-ouest de la ville qui concentre la pauvreté : la Mosson (Paillade), Celleneuve, les Cévennes et le Petit Bard forment un ensemble de plus de 30 000 habitant·es, relié par le tramway.

Ces quartiers regroupent à la fois un taux de pauvreté supérieur à la moyenne, et des populations majoritairement issues de l’immigration, en particulier du Maghreb et surtout du Maroc. Ce n’est pas l’ensemble des immigré·es qui se trouvent dans ces quartiers, mais uniquement les plus précaires : à peu près la moitié des immigré·es non européen·nes, qui sont les plus pauvres, s’y concentrent, alors que les immigré·es qui ont un emploi stable et des revenus plus élevés habitent pour la plupart dans des quartiers à plus forte mixité sociale. Ces quartiers concentrent donc une partie spécifique de la population : un prolétariat précaire immigré.

Auteur: Jules Panetier

