Aux États-Unis, les monuments nationaux sont des lieux protégés pour leur valeur au regard de l’histoire et de la culture américaines. Similaires aux parcs nationaux, ils s’en distinguent toutefois à une chose près : ils sont créés par le président. Le recours à ce pouvoir discrétionnaire, qui se produit tout particulièrement dans les dernières semaines du mandat présidentiel, est parfois jugé abusif.
Si les parcs nationaux américains sont mondialement célèbres, on oublie parfois que certains d’entre eux (à l’instar du Grand Canyon, de la vallée de la Mort ou de Zion) ont initialement été créés sur décision présidentielle en tant que « monuments nationaux ». Depuis 1906, la loi sur les Antiquités (Antiquities Act en anglais) donne aux présidents américains le pouvoir de préserver des espaces situés sur des terres fédérales de toute exploitation minière ou industrielle.
Cette loi a permis à plusieurs chefs d’État, comme Theodore Roosevelt ou Barack Obama, de quitter leurs fonctions avec un excellent bilan en matière de conservation des ressources naturelles et de préservation de sites historiques. Cependant, cette loi n’est pas exempte de critiques. Certains estiment, en effet, qu’elle donne trop de pouvoir à l’exécutif au détriment des populations et des autorités locales.
Un pouvoir discrétionnaire
Contrairement aux parcs nationaux, créés uniquement par le Congrès, les monuments nationaux peuvent être fondés tant par le Congrès que par le président. Il existe aujourd’hui 136 monuments nationaux aux États-Unis, soit deux fois plus que de parcs nationaux, et la plupart d’entre eux ont été créés par décision présidentielle.
Giudo Da Rozze/Flickr, CC BY-ND
Auteur: Nathalie Massip, Maître de conférences en civilisation nord-américaine, Université Côte d’Azur

