L’ancien chef de l’État uruguayen José « Pepe » Mujica est mort le mardi 13 mai à l’âge de 89 ans. Cet ex-guérillero avait acquis une notoriété mondiale en renonçant aux avantages liés à la fonction présidentielle. Engagé en faveur de l’environnement, il pourfendait la surconsommation, faisait l’éloge de la sobriété et incarnait la tradition de probité publique de son pays …
Le calme n’a cependant été que relatif ces derniers mois dans sa ferme – ou « chacra » – située non loin de Montevideo, José « Pepe » Mujica a continué à répondre à des sollicitudes médiatiques, notamment à l’occasion de la récente mort du pape François, une personnalité qui, selon lui, avait su faire preuve d’engagement à l’égard des plus faibles ». Il a aussi reçu dans sa propriété de nombreux présidents d’Amérique latine, comme le Brésilien Lula, le Dominicain Luis Abinader, le Chilien Gabriel Boric ou le Guatémaltèque Bernardo Arévalo. Et des artistes sont venus lui témoigner leur affection, en interprétant des chansons qui avaient accompagné son long chemin de militant.
Ces visiteurs ont tenu à saluer l’engagement de cet homme au parcours atypique. Au cours des années 1960-1970, il appartenait au mouvement d’extrême gauche des Tupamaros, qui s’est notamment financé en réalisant des enlèvements ou en attaquant des banques et des commerces en Uruguay. Il a survécu à plusieurs blessures par balles lors d’une interpellation. En tout, il a passé 14 ans derrière les barreaux, la plupart du temps sous la dictature militaire (1973-1985). En détention, il a été victime d’intenses tortures psychiques et physiques, relatées notamment dans le film « Compañeros » du réalisateur Alvaro Brechner, qui raconte ses longues années passées à l’isolement.
Amnistié au retour de la démocratie en 1985, José Mujica a contribué à l’abandon de la lutte armée et entamé une…
Auteur: Claude Morizur

