À sept mois de la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, la présidentielle de 2027 s’installe déjà dans le débat public. À Paris, lors du sommet Playbook organisé par POLITICO, Marine Le Pen, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon ont exposé, chacun à leur tour, leurs premières lignes de campagne. Ukraine, Proche-Orient, Europe, carburants, dette publique, intelligence artificielle, derrière des diagnostics parfois radicalement opposés, les trois candidats se confrontent aux mêmes inquiétudes françaises. Un avant-goût d’une campagne qui s’annonce particulièrement disputée et fragmentée.
L’Ukraine comme première ligne de fracture
La présidentielle de 2027 se jouera-t-elle aussi sur la scène internationale ? Les trois entretiens organisés jeudi à Paris donnent déjà une indication de l’importance prise par ces questions.
Gabriel Attal, candidat Renaissance, pense que l’Europe doit « devenir un continent puissance », dans un monde où la force est passée des États-nations aux continents. Il refuse de voir dans l’aide à Kiev une simple générosité : « le soutien à l’Ukraine, ce n’est pas une aide humanitaire, c’est un investissement pour nous. » Il plaide pour que la Russie en supporte le coût et se dit favorable à répondre aux demandes ukrainiennes, d’abord matérielles, sur terre comme dans les airs.
Marine Le Pen prend le contrepied. La candidate du Rassemblement national maintient son soutien à l’Ukraine,…
Auteur: Emma Bador-Fritche
