La présidentielle est devenue, au fil des années, l’alpha et l’oméga de notre vie politique. Un effet de loupe renforcé depuis 2002, avec l’entrée en vigueur du quinquennat. À peine un président est-il élu que l’on se concentre déjà sur celui d’après, et tout semble ainsi devoir tourner autour de la bataille pour l’Élysée : ceux et celles qui la mènent, mais aussi leurs soutiens, leurs écuries, et leurs ennemis. Un phénomène qui, combiné à l’attente de l’homme ou de la femme « providentiels », encouragée par la Ve République, finit par susciter des vocations nombreuses, bien trop nombreuses, à un an du scrutin.
Au milieu de ces batailles d’ego, il faut pourtant construire un programme. C’est pourquoi il importe de saluer le travail en cours dans les partis français, où l’on multiplie rencontres de terrain, réunions de think tanks et comités citoyens, experts et hauts fonctionnaires, pour tenter de bâtir des propositions. Car on a tendance à l’oublier : c’est le débat d’idées qui constitue la partie noble de la politique.
Certes, rétorquera-t-on peut-être, rares sont les électeurs qui lisent l’intégralité des programmes. Les candidats et les états-majors savent pourtant que l’élection se jouera sur une idée-force. Celle qui promettra de changer la vie des électeurs, donnera l’impression de les prendre en compte, voire de les comprendre. Le défi sera plus facile pour les extrêmes, qui voudront renverser la table, que pour le bloc central, qui voudra préserver les grands équilibres de notre société. Dans tous les cas, tous espèrent trouver la bonne idée qui deviendra ensuite le slogan le plus marquant de la campagne. Ils devront, à l’inverse, se garder de la tentation de prendre des slogans pour des idées.
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