Pendant que les Bleus affrontaient le Maroc, un tout autre match se jouait dans les permanences socialistes. Il est un peu plus de 22 heures lorsqu’Ousmane Dembélé inscrit le deuxième but français. Dans tout le pays, les regards sont tournés vers le terrain. Au Parti socialiste, ils sont rivés sur les remontées des fédérations. Les téléphones vibrent, les tableaux Excel se remplissent, les résultats tombent les uns après les autres.
Le verdict est sans appel. Avec près de 15 000 votants, 55,5 % des militants choisissent une primaire réservée aux adhérents du Parti socialiste et des formations du « pôle socialiste ». L’option défendue par Olivier Faure — une primaire ouverte aux sympathisants de gauche, moyennant une participation de deux euros — est rejetée (44,5 %).
Pour le premier secrétaire, le revers est aussi politique que symbolique. En huit ans à la tête du PS, c’est la première fois qu’il perd un vote militant sur une orientation stratégique. Surtout, cette défaite intervient quelques jours seulement après avoir déjà été désavoué par les députés socialistes, qui avaient refusé de suivre sa ligne sur la motion de censure écologiste. « Se faire battre par ses propres députés, c’était déjà une faute politique majeure. Là, c’est un nouveau désaveu », résume un proche de François Hollande.
Le vote des militants enterre la stratégie Faure
Le scrutin n’avait rien d’anecdotique. Il…
Auteur: Emma Bador-Fritche

