« Si on voulait bordeliser le second tour, on ne s’y prendrait pas différemment. » Déjà remonté cet été après l’annonce des dates retenues pour le scrutin présidentiel – les 18 avril et 2 mai 2027 –, Bruno Retailleau est revenu à la charge la semaine dernière, à l’antenne de BFMTV. S’exprimant après les violences liées à la mobilisation du 17 octobre, il a souligné le risque de troubles à l’ordre public à l’occasion du 1er-Mai. De possibles débordements, selon lui, qui auraient alors un impact sur le second tour de l’élection.
Le candidat Les Républicains (LR) avait déjà tonné ces derniers mois contre la date retenue pour le duel présidentiel. Il avait notamment mis en perspective l’impératif d’arrêt de la campagne le vendredi précédant le second tour avec « les prises de position » qui fleuriront dans les cortèges la veille du vote. Une analyse qui a trouvé un écho chez Edwige Diaz. La présidente du groupe Rassemblement national (RN) au Sénat a dit redouter, dans Le Parisien, la présence d’associations « très politisées de gauche » lors des événements du 1er-Mai. Et de s’alarmer ainsi d’une « distorsion de concurrence ».
Ces critiques issues des rangs de la droite et de l’extrême droite peuvent-elles déboucher concrètement sur un changement du calendrier électoral ?
Un changement de dates légalement possible
Les dates des 18 avril et 2 mai 2027 ont été retenues cet été en conseil des ministres, après une consultation des partis politiques. Il s’agit donc, pour l’instant, d’une simple communication de la part de l’exécutif. Bien qu’entérinées et défendues par le gouvernement, ces dates pourraient techniquement encore être modifiées.
Comme le veut la Constitution, le scrutin est en effet « ouvert sur convocation du gouvernement ». Or, il est prévu dans la loi que cette « convocation » soit issue d’un…
Auteur: Olivier Modez
