Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon, deux gauches inconciliables

Puisqu’en politique la volonté d’unité est indexée sur la perspective de victoire, au bout du bout ces deux gauches s’entendront peut-être. Mais à ce stade, on peine à trouver sur quelles bases. Qu’y a-t-il aujourd’hui de commun entre Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon ? Désormais tous deux candidats déclarés pour la prochaine présidentielle – le premier doit encore passer par une primaire – leurs prestations de dimanche offrent un contraste qui confine à la caricature.

Hors l’urgence écologique et le constat d’échec du macronisme, tout les oppose. Pas seulement le style – brutalité assumée chez l’un, sobriété surjouée chez l’autre –, leurs désaccords portent sur des points essentiels qui ne souffrent pas de compromis. Les sociaux-démocrates peuvent-ils s’entendre avec une formation qui propose d’effacer en partie la dette publique au risque de détruire l’euro ? Ou qui reprend certains arguments de Moscou sur les causes de l’invasion de l’Ukraine ? La réponse est dans la question. Ont-ils bien écouté dans le détail le candidat La France insoumise (LFI) dans la Drôme ? « La révolution citoyenne des Insoumis est une révolution culturelle… » Même involontaire, la référence fait frémir.

Brio, férocité, humour, autorité, expérience. Jean-Luc Mélenchon a toutes les armes pour faire une excellente campagne. Est-ce une bonne nouvelle pour la gauche ? Non. En rupture avec l’universalisme et la tradition pro-européenne de son camp – depuis François Mitterrand à qui il vouait de son propre aveu « un amour filial » –, ses positions radicales le placent devant le défi quasi impossible de le rassembler au second tour. Ce qui fait de lui un très bon candidat au titre de meilleur perdant.

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