Supprimer la banque centrale, dollariser l’économie, réduire drastiquement les dépenses publiques suivant un « plan tronçonneuse » qui verra notamment disparaître le ministère de la Femme, du Genre et de la Diversité, mais aussi faire machine arrière, sauf urgence, sur le droit à l’avortement obtenu en octobre 2020… Tel est le programme de Javier Milei, candidat à la présidence de l’Argentine le 22 octobre prochain. Des idées qui semblent trouver un écho certain dans la population : à cinq mois de l’échéance, plusieurs sondages, et notamment celui du Celag (centre stratégique latino-américain de géopolitique), le donnent premier au soir du premier tour avec 29 % des suffrages.
Les différentes forces sont pour l’heure tournées vers le 13 août, date à laquelle se tiendront les primaires ouvertes, simultanées et obligatoires : les candidats de chaque camp s’y affrontent pour être investis, et ce même si un parti n’a qu’un candidat. Le vote sert en effet également de parrainages puisque seuls les partis ayant réuni 1,5 % des votants peuvent inscrire leur champion à l’élection.
Des partis traditionnels en difficulté
Le pays est déjà témoin de divisions intenses au sein des deux principales coalitions, à savoir le Frente de Todos, celle du président actuel Alberto Fernandez et de l’ancienne cheffe d’État Cristina Fernandez de Kirchner, issue du péronisme, et Juntos por el Cambio, groupe d’opposition. Ces divisions reflètent les différentes idéologies et visions politiques qui animent le pays. Même si toutes les deux ratissent large dans le spectre politique, la première reste plus marquée par l’interventionnisme, tandis que la deuxième est plus orientée vers une certaine libéralisation de l’économie argentine.
Chacune part avec un handicap au départ de la campagne, notamment en raison de leur bilan économique. La présidence de gauche s’achève avec une inflation sans…
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Auteur: Gabriel A. Giménez Roche, Enseignant-chercheur en économie, Neoma Business School

