Paris (10e), reportage
Parfois, les formules les plus simples sont aussi les plus justes. Adossée à même le sol contre la devanture de La Base, QG de la mobilisation citoyenne pour la justice climatique et sociale (Paris Xe), et où Reporterre a organisé une Alter soirée électorale Julie, en larmes, résume bien le sentiment de toutes les personnes qui sont venues : « Au secours ! »
Il est un peu plus de 20 heures dimanche 10 avril, et les résultats du premier tour de l’élection présidentielle viennent d’être dévoilés : le président sortant, Emmanuel Macron (La République en marche, LREM, 27,60 %), et Marine Le Pen (Rassemblement national, RN, 23,41 %) sont qualifiés au second tour, Jean-Luc Mélenchon arrivant en troisième position (La France insoumise, LFI, 21,95 %). « On a perdu l’occasion de changer les choses. C’est terrible », dit l’infirmière de 27 ans, qui a voté pour le leader de l’Union populaire.
À l’intérieur des lieux, largement acquis à l’Insoumis pour ce scrutin, les visages sont fermés. Plusieurs personnes se prennent longuement dans les bras, d’autres se dirigent fébrilement vers le bar — « On va vraiment avoir besoin de boire un coup », dit un jeune homme, de toute évidence au bout du rouleau. La gueule de bois s’annonce énorme : comme l’a rappelé le directeur de Greenpeace, Jean-François Julliard, au micro de Reporterre, le quinquennat de Macron a été celui de la montée des inégalités sociales et de la « trahison écologique ». Sans parler du programme de Le Pen, qui, outre son contenu xénophobe et autoritariste, a été jugé déplorable — inexistant — par les associations écolos.
Jean-François Julliard, de Greepeace. © Tiphaine Blot/Reporterre
« Maintenant, Mélenchon incarne l’écologie. Que vont devenir Jadot et les Verts ? »
La troisième place de Mélenchon, dont la candidature suscitait beaucoup d’espoir au regard de sa dynamique électorale de ces derniers jours, laisse un goût amer aux nombreuses personnes s’étant déplacées à La Base. Une jeune femme regrette ainsi que la gauche ne se soit pas rangée derrière un candidat unique — ce que dit également Alain Coulombel, porte-parole d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), estimant que son parti a manqué de « clairvoyance » en ne s’alliant pas à LFI — ; une autre déplore les votes en faveur de Jadot (4,49 %) ou encore de Roussel (2,33 %) alors que Mélenchon disposait du fameux « trou de souris ». Tout le monde est en tout cas dépité par le…
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Auteur: Amélie Quentel Reporterre

