La proposition de loi visant à instaurer une « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre est discutée ce 7 juillet par les députés. Le texte est à l’initiative de députés de droite LR et a obtenu l’assentiment du gouvernement Lecornu. En plus de reprendre une revendication venue des franges les plus radicales de l’extrême droite, la proposition s’appuie sur trois arguments largement contestables, voire fallacieux, avec pour risque de donner un quasi blanc-seing aux policiers et gendarmes pour faire usage de leur arme, quelles que soient les circonstances et la réalité de la menace à laquelle ils seraient confrontés.
Une hausse supposée des violences envers les forces de l’ordre
« Les forces de l’ordre sont confrontées à des agressions de plus en plus fréquentes et graves, perpétrées parfois avec des armes de guerre », dit le texte, pointant une « évolution inquiétante » . Il faudrait donc davantage donner à la force publique les moyens de se défendre. Les rédacteurs du texte ne livrent aucun exemple ni aucun chiffre pour étayer leur propos. Et pour cause : le flou demeure. Sur le temps long, la violence d’origine criminelle à l’encontre de la police nationale a largement diminué au regard des données existantes : « On compte 2,5 fois moins de policiers morts en mission qu’il y a 40 ans », rappelait le journal Le Monde en 2021, s’appuyant sur les quelques statistiques publiques et celles du « mémorial victimes du devoir » mené par des officiers de police qui répertorie ces décès par cause et contexte. Près de 90 policiers sont « morts en service » pendant la décennie 1980-1990, comparé aux 36 décédés dans la décennie 2010-2020.
Ce décompte de morts en service recouvre des situations très différentes, qui vont de l’accident de…
Auteur: Ludovic Simbille

