Presque un ronron…

Le mercredi, nous l’emmenons au grand air. C’est presque comme une superstition, quand nous l’emmenons au grand air, nous sommes convaincus de bien faire. Parfois, sur des chemins guère fréquentés, tandis que nous avançons en tenant la selle de son petit vélo sur lequel il vacille encore, nous voyons au loin la silhouette d’une femme, moins souvent d’un homme, qui pousse un landau à pas lents. Elle, ou il, y croit aussi, au grand air. À la lumière, à l’ombre, à l’odeur de la terre mêlée à celle des feuilles mortes, au bruit des arbres quand le vent encore tiède soulève leurs branches, le même qui nous pousse à relever le col de nos manteaux.

Sans ce garçonnet, nos promenades seraient différentes, ce serait d’autres allées, peut-être d’autres forêts, d’autres parcs, pas aux mêmes heures, pas au même pas et pas la même conversation. Quand nous sommes avec lui, nous échangeons de petites remarques qui, toutes, le concernent.

Il y a les éternels questionnements, les petites satisfactions, presque un ronron : « J’aurais dû lui mettre d’autres chaussures, celles-ci n’ont pas l’air bien imperméables. » « Il tient son équilibre sur quelques mètres, maintenant, on y est presque… » On revient à chaque fois portant son petit vélo, parce qu’il en a assez, il préfère gambader, et on se promet de ne plus tant s’éloigner puisque, au retour, il faut toujours porter le vélo.

Ce ronron, on ne s’en lasse pas. Vous connaissez la plaisanterie : « Quand tu descendras, monte voir le petit comme il est grand ! » Tout est bon pour caser une anecdote, et c’est avec ravissement qu’on écoute aussi les minuscules aventures des enfants des autres. Mais un matin de cette semaine, en ouvrant mon ordinateur pour consulter les quelques récents courriels, messages et alertes qui se signalaient, j’ai découvert sur une page du réseau LinkedIn une photo d’une de mes amies, élue au Parlement…

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Auteur: Geneviève Jurgensen