Les savoirs locaux, ces connaissances, savoir-faire et philosophies développés par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel, selon la définition de l’Unesco, suscitent actuellement un intérêt croissant, notamment pour leurs contributions à la préservation de la biodiversité et à l’adaptation au changement climatique.
C’est notamment le cas en Côte d’Ivoire, où l’AFD a mené une étude pour comprendre le potentiel de co-construction des savoirs locaux liés à la météorologie. Au cours de celle-ci, 285 agriculteurs des zones cotonnières du nord de la Côte d’Ivoire ont été interrogés.
Dans ce domaine, les savoirs locaux détenus par les populations concernent principalement des prévisions météorologiques, allant d’anticipations à court terme (quelques heures ou quelques jours) jusqu’à des prévisions saisonnières (à environ trois mois). Ainsi, l’observation de colonnes de fourmis magnans avec leurs œufs est couramment interprétée par les populations de plusieurs territoires d’Afrique de l’Ouest comme annonçant une pluie dans les trois jours à venir.
Mehmet Karatay/wikimedia, CC BY
La position des nids des oiseaux tisserins, très présents dans cette région, peut également donner une indication sur la quantité de pluies attendues pendant la saison. S’ils sont positionnés en bas des branches, la quantité d’eau à venir sera plus importante.
Ces savoirs, appelés savoirs prévisionnels locaux (SPL), peuvent être liés à la biodiversité (par exemple stade phénologique des végétaux ou comportements et présence d’animaux) ou encore abiotiques (par exemple, l’observations des nuages, étoiles, températures ressenties, etc.).
Des savoirs locaux perçus comme fiables, mais pas immuables
Les savoirs locaux peuvent également agir en…
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Auteur: Julie Bompas, Chargée de recherche sur les services climatiques, Agence française de développement (AFD)

