Les premiers signaux d’alerte portent sur la forme : à l’automne dernier, j’ai débattu sur le plateau de Mediapart avec Samuel Grzybowski, et j’ai été consterné par le ton général de « positive attitude néolibérale » qui se dégageait de la moindre phrase qu’il nous sortait pour défendre son organisation : « l’espoir », « le changement », « l’envie », « tous ensemble » :
Ces mots creux ont pour point commun d’être utilisés par les politiques comme par les DRH. Ce sont des mots qui ne font référence à rien de précis, ils sont sans objet. « Vivre ensemble », avec qui ? « Le changement », vers quoi ? « L’espoir », pour qui ? Le principe est de ne rien préciser pour tout laisser ouvert, même le pire.
Samuel Grzybowski est un trentenaire, fils de journaliste, et il enseigne à Sciences po. Son parcours « d’entrepreneur social » l’a amené à faire de jolis selfies avec des membres bien connus de la classe politique pas réputés pour leur progressisme, qu’il a posté fièrement sur son profil Instagram :
De gauche à droite : avec Manuel Valls, ex-premier ministre en chien, promoteur de la loi travail entre autres saloperies puis avec Jean-Paul Delevoye, homme politique de droite concepteur de la réforme des retraites de 2019. Pour finir, avec Benjamin Griveaux. L’homme est surtout connu pour avoir eu vu son propre pénis naviguer sur le web, mais c’est d’abord un macroniste de la première heure. Quand on a des amis pareils, est-ce qu’on peut faire des leçons d’union de la gauche ?
Mathilde Imer, également co-fondatrice de « la primaire populaire », est diplômée de Sciences Po Paris. Son parcours est tellement radical qu’il l’a amenée à travailler pour l’organisation de la Convention Citoyenne pour le Climat, lancée en 2019 (puis écrasée) par Macron. La secrétaire générale du mouvement, Coline Serra, était quant à elle tout bonnement membre de la campagne législative de Mounir Mahjoubi, député LREM puis secrétaire d’Etat du gouvernement de Macron et donc membre du « bloc néolibéral » que la primaire prétend combattre.
Quand on a permis à un type de devenir député LREM puis secrétaire d’Etat de Macron, est-ce qu’on peut faire la leçon à toute la gauche 5 ans plus tard ?
D’une façon générale, le profil des organisateurs est celui de trentenaires diplômés, aisés et urbains : on compte sur la trentaine de militants présentés sur leur site 9 diplômés de Sciences Po, 6…
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Auteur: Nicolas FRAMONT Le grand soir

