Heures non payées, sous-effectif chronique, management toxique, espionnage par la direction… Si Primark attire de plus en plus de français en quête de bonnes affaires, l’enseigne irlandaise de la fast-fashion est loin de satisfaire tous ces salariés depuis son arrivée en 2013. En mars dernier, deux grèves ont eu lieu dans les boutiques de Mulhouse et de Lyon… Enquête.
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« Chez Primark, tout le monde y trouve son compte »… Ou presque. Le slogan de l’enseigne irlandaise de prêt-à-porter vaut sûrement pour les clients prêts à dénicher des vêtements à prix défiant toute concurrence, mais pas nécessairement pour ses travailleurs.
« Stop à l’esclavage ! » arborait une banderole sur les balustrades du centre commercial Porte Jeune de Mulhouse, le 22 mars dernier. Pendant deux heures, une vingtaine de salariés soutenus par la CGT se sont époumonés pour interpeller la clientèle du magasin et la direction postée devant eux. « Patrons brigands », clamaient-ils.
L’ambiance tranche avec la « folie » de l’ouverture de cette 24e boutique en France en juillet 2023. Une haie d’employés accueillait la foule d’un millier de personnes impatientes de découvrir les 3200 m2 de bonnes affaires. « Tout le monde souriait, il y avait de super bonnes vibes », se remémore Naïm*, un des grévistes actifs, à propos des premiers mois. Depuis, les griefs s’accumulent tellement qu’il est difficile d’être exhaustif : sous-effectif, heures non payées, management toxique, surveillance des employés…
Au stock, « on aurait pu s’électrocuter »
« Primark c’est l’enfer », tranche une ex-salariée qui a tenu un an et demi dans l’établissement du centre commercial de Lyon Part-Dieu. Là-bas, une partie des salariés lyonnais a imité ses camarades alsaciens en débrayant une semaine après ces derniers,…
Auteur: Ludovic Simbille
