Lac du Lauvitel (Isère), reportage
Des tentes colorées plantées dans les hautes herbes. Des dizaines de personnes en maillot de bain plongeant dans l’eau cristalline. Certaines venant pique-niquer, parfois équipées de tables et de chaises.
Cette scène de vacances ne se déroule pas dans un camping en bord de mer mais sur les rives du lac du Lauvitel, dans le parc national des Écrins. Ces dernières années, cet espace naturel est devenu la coqueluche des randonneuses et randonneurs, de plus en plus nombreux à s’y rendre pour profiter de la beauté du paysage. Le soir venu, beaucoup restent dormir en bivouac, cherchant un emplacement plat dans cette prairie plutôt pentue.
Avec cet entassement de tentes, le bruit, les déchets, voire le matériel de camping abandonné au petit matin dénaturent le lieu. Pour préserver ce milieu fragile, le parc national a publié un nouvel arrêté qui permettra d’instaurer des quotas pour le bivouac au Lauvitel, ainsi qu’au lac de la Muzelle, situé dans le vallon voisin.
Réglementer sans décourager
« L’objectif est d’arriver à gérer l’affluence et certains comportements qui ne sont pas respectueux », explique Samuel Sempé, le directeur adjoint du parc des Écrins. Le texte rappelle les règles de base du bivouac dans des espaces protégés — interdiction de faire du feu, de promener son chien, de faire voler un drone, d’abandonner ses déchets — ainsi que les horaires autorisés pour installer sa tente — entre 19 heures et 9 heures le lendemain matin — mis en place pour éviter que des personnes ne restent plusieurs jours au même endroit.
L’idée est de réglementer, sans pour autant décourager les centaines de personnes qui empruntent le sentier très bien balisé et souvent pavé pour monter au Lauvitel. L’année dernière, le parc a compté deux fois plus de tentes qu’en 2021, avec un pic d’une centaine certains soirs.
« Dans l’ensemble du parc, nous…
Auteur: Laury-Anne Cholez

