Record historique dans les prisons françaises, qui comptaient 90 020 détenus au 1er septembre, selon les statistiques officielles du ministère de la justice publiées samedi 3 octobre.
Le nombre de détenus a augmenté de 6,8 % sur un an, alors que le nombre de places opérationnelles s’élevait au 1er septembre à 63 348 (+ 1,2 % sur un an) et celui de matelas posés au sol, faute de lits, s’est établi à 8 347, en hausse de 52 % par rapport au 1er septembre 2025.
La densité carcérale atteignait au 1er septembre 176 % dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de suroccupation globale était de 142 %.
La France, mauvaise élève en Europe en matière de densité carcérale
Le Conseil de l’Europe avait dénoncé en début d’année l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, avait de son côté déploré l’absence de « mesure d’envergure nationale » pour enrayer la surpopulation carcérale, dans un avis publié au Journal officiel début juillet.
Le ministère de la justice entend ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, réputées moins chères et plus rapides à construire, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.
« La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six…
Auteur: La Croix (avec AFP)
