Place de la Bastille, 13 avril. La manifestation touche à sa fin. Pourtant, la tension entre les forces de l’ordre et les manifestants ne redescend pas. Loin de là. Présente depuis le début de la mobilisation, Lily Chavance, alors photojournaliste en stage à Politis dans le cadre de ses études en Master 2 « Information et communication en spécialité « vie politique » au Celsa, se fraie un chemin parmi les personnes opposées à la réforme des retraites. Soudain, l’une d’entre elles est touchée à l’œil par un palet de grenade de désencerclement. Lily Chavance part l’aider, puis refait quelques images. Deux ou trois, avant de repartir à la rédaction de l’hebdomadaire.
Parmi ces photographies se trouve celle qui vient d’être primée par les députés à l’occasion de la première édition du Prix de la photographie politique Assemblée nationale-LCP. On y voit une rangée de gendarmes, érigés comme des statues à l’uniforme de fer : casques vissés sur la tête, boucliers devant eux, regard de travers fuyant sous une visière opaque. Sauf pour l’un d’entre eux. Un jeune gendarme dont le regard croise l’objectif de Lily Chavance. Deux yeux rivés qui transpercent un moment de très haute tension, de colère, de peur et de détermination. La photographie, et celle des autres finalistes, dont celle du lauréat – Ludovic Marin de l’AFP, pour un cliché d’Emmanuel Macron devant un tableau de Rembrandt –, est exposée à l’Assemblée nationale jusqu’à la fin du mois.
La tache de peinture révèle aussi la persistance de la contestation, la puissance de son éclat.
Lily Chavance
« Le gendarme est jeune, peut-être aussi jeune que moi », explique la photojournaliste de 22 ans. Pour elle, cette photographie « illustre un moment où le pouvoir a bataillé contre une population majoritairement…
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Auteur: Hugo Boursier

