Prix de l'essence, manque de profs et forêts en feu : le 17 octobre, les Gilets jaunes et la jeunesse ont convergé

Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) et Paris, reportage

En se préparant pour une journée de mobilisation, Sandra redoutait son arrivée à Paris en provenance de l’Essonne, à une grosse demi-heure de RER. Elle a bel et bien été accueillie par des nuages de gaz lacrymogène et des scènes chaotiques, une fois place de la République. Pour cette journée de mobilisation du 17 octobre, 800 000 manifestants ont manifesté dans les rues en France, selon la CGT, et 550 000 selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Mais les cortèges des grandes villes ont été assombris par une répression féroce des forces de police.

Si la « vie chère » était présente dans les colères exprimées, d’autres revendications autour de la défense des services publics, notamment l’éducation, de l’écologie et de l’antiracisme ont été portées. Le souhait affiché : celui d’une vaste convergence des luttes et d’un passage de relais des Gilets jaunes à la Gen Z.

Ce ne sont pas seulement les centres-villes, mais aussi les ronds-points qui ont été des points de ralliement. Dès 10 heures du matin, les abords de celui de la Croix-Blanche, à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) se sont remplis. Sandra, 53 ans, est arrivée les bras chargés de pancartes. « Ça fait plaisir de revenir ici, de voir des anciens qu’on connait déjà, et des nouveaux aussi ! », s’est réjouie cette Gilet jaune de la première heure. Dès la pose de la première banderole, les klaxons résonnaient en soutien.

Pour l’occasion, Sandra a renfilé sa chasuble jaune, ornée d’une Marianne. La devise officielle de la République française y est barrée, remplacée par « Muselé, racketté, méprisé ». Il y a huit ans, elle a rejoint le mouvement dès les premiers appels : elle s’est rendue aux barrières de péage à côté de sa commune, Dourdan, puis sur le rond-point, le 17 novembre 2018. « On l’a tenu pendant trois ans, on y…

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Auteur: Léa Guedj