Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), reportage
Le céleri est un légume d’hiver mal aimé. Il est souvent boudé par les clients dans les magasins bio. C’est ainsi qu’il se retrouve dans les cagettes récupérées par LieU’topie, un tiers-lieu de Clermont-Ferrand. Situé au cœur du quartier universitaire, ses bénévoles cuisinent chaque semaine des plats végétariens pour lutter contre la précarité alimentaire des étudiantes et étudiants. Selon le baromètre 2025 de l’association Cop1, 2 étudiants sur 3 ont déjà sauté un repas par manque d’argent.
Au menu ces dernières semaines, beaucoup de légumes d’hiver, dont notre fameux céleri. « Il faut trouver des stratagèmes pour que ça passe. On essaie de le dissimuler dans des poêlées de légumes variés », raconte Salomé, l’une des bénévoles de la cantine. Avec cinq ou six autres camarades, elle vient tous les jeudis matin préparer les invendus récupérés au magasin Bio Auvergne, partenaire de LieU’topie.
C’est en déjeunant ici qu’Alex a redécouvert les blettes. « Je n’en mangeais que chez ma mamie », s’exclame cet étudiant de 23 ans qui prépare le concours d’agrégation de lettres modernes.
« Ici, les personnes végétariennes ne sont pas une exception »
Au-delà des préférences gustatives, cette cantine solidaire — à prix libre — permet aux plus précaires de manger bio, local, de saison et, surtout, végétarien. « Ici, les personnes végétariennes ne sont pas une exception. Je ne me sens pas jugé ou mis à part, comme, par exemple, dans les restaurants du Crous. Et ça m’enlève l’angoisse que je peux ressentir quand je dois manger dehors en tant que végétarien ou végane », assure Alex.
Lorsqu’on est en situation de précarité, on n’a pas souvent le luxe de choisir son régime alimentaire rappelle Mathieu Adenot, ancien coprésident du lieu. « Être végan ou végétarien, c’est un privilège. Il…
Auteur: Laury-Anne Cholez

