C’était un petit choc pour Anne-Sophie ce matin-là. Son compagnon a été arrêté à leur domicile dès 6h pour « violences en réunion et entraves au conseil municipal », ainsi que deux autres de leurs camarades. Placés en garde-à-vue, ils ont été libérés vers 18 heures et devront se présenter devant le tribunal le 11 février.
Ils sont accusés d’avoir bousculé le maire Christian Devèze de Cambo-les-Bains, le 10 avril dernier, lors d’un conseil municipal où s’étaient présentés de nombreux paysans opposés au projet Marienia. Porté par Bouygues Immobilier, ce projet menace de bétonner 3,7 ha de terres agricoles exceptionnelles sur le Pays basque. Cela fait bientôt dix ans que les agriculteurs tentent de dialoguer avec le maire pour les préserver, en vain.
« Au conseil municipal, de nombreux paysan.ne.s et citoyen.ne.s sont venus avec des bâtons de bois car le maire refusait de nous voir. On tapait avec les bâtons de bois contre le parquet pour se faire entendre. Le maire a continué de refuser le dialogue et suspendu la séance. Au moment de sortir, il est tombé en arrière dans la confusion, mais personne ne l’a poussé. Même lui l’a reconnu lors d’une interview » explique Anne-Sophie pour La Relève et La Peste
C’est la deuxième fois que des militants sont attaqués en justice. En mars 2024, quatre membres du groupe basque OSTIA ont ainsi été jugés par le tribunal de Bayonne pour avoir versé de la terre sur une maquette du projet dans une agence de Bouygues Immobilier. Ils ont été condamnés à 5 000 euros d’amende, une sentence qui a été contestée par l’avocat de la défense.
Les trois militants interpellés pour la bousculade, eux, seront jugés le 11 février 2025. Parmi eux : un producteur de piment d’Espelette. Le syndicat du piment d’Espelette AOP a publié un communiqué dans lequel il « tient à apporter tout…
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Auteur: Laurie Debove

