Le procès de l’agent orange
En 2021, lors du premier épisode judiciaire autour de l’agent orange, les firmes de l’agrochimie avaient échappé à tout jugement. Le Tribunal judiciaire d’Evry jugeant « irrecevable » la plainte au motif que les entreprises incriminées avaient agi sous ordre de l’État américain, excluant ainsi toute responsabilité de leur part.
Trois ans plus tard, tout a changé ! Les avocats de Tran No Nga ont réussi a démontré que les entreprises agro-chimiques ont répondu volontairement à un appel d’offres. Ce dernier n’imposait en rien un tel niveau de dioxine, substance toxique, dans la composition de l’agent orange. Le procès a donc été rouvert en appel.
« Nous avons démontré qu’il n’était pas question ici de juger l’État américain, mais de juger les faits commis par les sociétés américaines productrices de l’agent orange de manière indépendante et autonome. Elles n’ont rien d’une émanation de l’État, ce sont des sociétés purement commerciales qui, dans la recherche du profit, ont fournit un produit dangereux » a argumenté maître William Bourbon, avocat de Tran No Nga, au micro du journaliste Rémi-Kenzo Pagès.
C’est tout l’enjeu du procès qui se tient actuellement. L’immunité des entreprises va-t-elle être levée ?
« Ce dont il est question, ce sont les agissements des sociétés et pas la guerre au Vietnam. L’agent orange n’était pas une arme de guerre » a poursuivi Maître William Bourbon.
L’agro-chimie et les pesticides au cœur du procès
Aujourd’hui le glyphosate, le chlordécone ou le roundup, hier l’agent orange, l’une des créations les plus importantes de Monsanto. C’est toute l’idéologie des firmes agro-chimiques qui est attaquée lors de ce procès.
La toxicité de l’agent orange est connue des fabricants depuis…
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Auteur: Florian Grenon

