« C’est ton premier jour ? Prépare-toi à saigner des oreilles », me glisse une consœur dans l’interminable file d’attente formée par les journalistes pour accéder à la salle d’audience. À notre gauche, les 35 accusés qui comparaissent libres dans le procès de Mazan entrent un à un. Mon sang se glace. Ma consœur m’adresse un regard complice et se place à côté de moi pour m’éviter d’être à nouveau frôlée par l’un d’entre eux.
À l’intérieur de la salle, une pesanteur, une atmosphère lourde. Sur une centaine de places, plus de la moitié est occupée par les accusés (dont 14 comparaissent détenus dans un box) et leurs avocats. Si les places viennent à manquer, on peut se retrouver assis à côté de l’un d’entre eux. On sent leur parfum, on entend chacun de leurs ricanements, on voit les petits sourires échangés. Certains accusés regardent plus ou moins fixement les femmes présentes dans la salle.
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Après une première matinée d’audience, marquée par l’absence du principal accusé Dominique Pelicot pour raison de santé, les rédacteur.ices échangent, cherchent à comprendre, et partagent leur ressenti. Les femmes, surtout, font part de leur inconfort à être parmi autant d’hommes accusés d’avoir commis les atrocités détaillées pendant l’audience. « Quand je vois ça, je me dis que j’ai bien fait de ne pas porter plainte », confie l’une d’elles qui semble particulièrement touchée, en écho au constat fait par Gisèle Pelicot lors d’une de ses déclarations.
Quelle violence. Quelle charge immense vient s’ajouter au traumatisme.
Nous sommes toutes unanimes pour saluer le calme dont fait preuve Gisèle Pelicot., qui fait face à…
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Auteur: Anna Margueritat

