Procès du gang de Roubaix : quand les « Ch’tis d’Allah » semaient la terreur dans le Nord

La presse les surnommait les « Ch’tis d’Allah ». Le procès de Seddik Benbahlouli, dernier membre retrouvé du « gang de Roubaix » après 27 ans de cavale, s’ouvre vendredi 17 octobre devant la cour d’assises du Nord. Il est jugé pour sa participation présumée à ce groupe criminel des années 1990, mêlant grand banditisme et islamisme radical, mais également pour tentative de meurtre, recel de véhicule volé et association de malfaiteurs.

Condamné par contumace à 20 ans de réclusion en 2001 en France, Seddik Benbahlouli n’est arrêté que deux décennies plus tard, interpellé en 2023 aux États-Unis. Il vivait alors sous une fausse identité après avoir fui via le Yémen, le Burkina Faso, le Togo et la Belgique. Il est ensuite extradé vers la France. Parmi les autres membres du groupe, cinq ont été tués lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, trois sont encore détenus, et deux ont été libérés après avoir purgé leur peine.

Le « gang de Roubaix » s’est formé au milieu des années 1990 autour d’un noyau d’hommes fréquentant la mosquée Dawa. Les deux meneurs, Christophe Caze et Lionel Dumont, sont issus de familles catholiques de la classe ouvrière. Le premier, converti à l’islam radical, s’est battu quelques années plus tôt en Bosnie-Herzégovine dans les rangs des volontaires étrangers engagés aux côtés des musulmans bosniens. Le second, également converti, est connu par la police comme petit délinquant. Leur objectif ? Financer le djihad.

Les « islamo-braqueurs »

Méconnu dans les cercles du grand banditisme mais proche des réseaux d’Al-Qaida, le gang est d’abord un mystère pour les enquêteurs. Entre janvier et mars 1996, il signe une série de braquages à l’arme lourde dans le nord de la France : banques, supermarchés et supérettes de la métropole lilloise… Semant la terreur dans la région, sept attaques sont menées en…

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Auteur: Charlotte de Frémont