Quel regard porter, en tant que média écologiste, sur le procès dit « des viols de Mazan » ? Depuis le 2 septembre, Dominique Pélicot, 71 ans, comparaît devant la cour criminelle du Vaucluse. Il est accusé d’avoir drogué et violé sa femme Gisèle, et de l’avoir livrée aux viols de plusieurs dizaines d’inconnus entre 2011 et 2020. À ses côtés, 51 hommes âgés de 30 à 74 ans, pour la plupart poursuivis pour viols aggravés sur cette femme rendue inconsciente par des doses massives d’anxiolytiques. Le procès doit durer quatre mois et le verdict est attendu à la mi-décembre.
À Reporterre, nous sommes nombreuses et nombreux à suivre les comptes-rendus d’audience avec un sentiment de dégoût et d’effroi. La question de publier un article sur cette affaire s’est rapidement posée. Elle s’est accompagnée de beaucoup d’autres : peut-on faire le lien entre écologie et violences sexistes et sexuelles. Et si oui, comment ? Nous avons choisi d’interviewer plusieurs personnalités de l’écologie qui s’étaient déjà exprimées sur le procès, ou dont la pensée et le travail se situent à l’intersection de l’écologie et du féminisme.
Myriam Bahaffou, militante écoféministe
Chercheuse en philosophie féministe, elle a publié « Des paillettes sur le compost — Écoféminismes au quotidien » (Le Passager clandestin, 2022).
« L’affaire des viols de Mazan est le parangon de la façon dont les relations hommes-femmes produites par le patriarcat peuvent aboutir à l’anéantissement des individus. Et ce, parce qu’elles reposent sur l’instrumentalisation et la jouissance par la négation de l’autre. C’est le fantasme constant de notre culture hétéropatriarcale. Et cela a toute sa place dans une approche écologique, car l’écologie ne concerne pas seulement les questions de protection de la nature ou de rapport aux animaux. C’est avant tout une culture relationnelle, c’est-à-dire le type…
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Auteur: Émilie Massemin, Scandola Graziani

