Ce mercredi, au palais de justice de Paris, le procès en appel des assistants parlementaires du Rassemblement national, RN, s’est refermé après les plaidoiries de la défense, au terme d’un mois d’audience. La cour a clos les débats et annoncé une décision mise en délibéré, attendue le 7 juillet. À la sortie, l’impression est celle d’un dossier qui arrive à sa fin, même si la Cour de cassation reste envisageable pour Le Pen en cas de condamnation. Le président de la juridiction, Christophe Soulard, a fait savoir que la Cour « s’organisera pour, dans la mesure du possible, juger l’affaire assez vite ».
Dix ans après les débuts de la procédure judiciaire, cette affaire n’est plus seulement un dossier de « zone grise » entre mandat européen et vie politique au parti. Elle est devenue un moment politique quasi historique. La finalité sera un point de bascule possible pour Marine Le Pen et, peut-être, pour tout le parti. Et si Bardella doit prendre la relève pour 2027, ce sera la première fois dans l’histoire du FN/RN qu’aucun Le Pen ne sera candidat.
Pour le parquet, il ne s’agit donc pas d’erreurs isolées mais d’une réelle organisation structurée.
Système Le Pen
Dans ses réquisitions, le parquet général a demandé la confirmation de l’essentiel des condamnations : quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, sans exécution provisoire. Surtout, les avocats généraux ont voulu sortir du débat administratif et comptable pour raconter un système. Un dispositif organisé, centralisé et progressivement « professionnalisé », dans lequel les enveloppes d’assistants auraient servi à financer un travail en réalité utile au parti.
Marine Le Pen y a été présentée comme étant, à la suite de son père, « au cœur du système ». Elle a signé, décidé,…
Auteur: Maxime Sirvins

