Producteurs ou parasites

Dans ce lundisoir nous poursuivons notre enquête sur le fascisme qui vient avec le philosophe Michel Feher. Son dernier livre Producteurs et Parasites, conceptualise l’imaginaire du RN comme « producerisme », soit l’idée selon laquelle les improductifs sont des parasites et qu’ils doivent être épurés du corps social, nous reviendrons avec lui sur la manière dont la fascisation consiste à passer d’un parasitisme productiviste général (de droite) à un parasitisme racialisé (d’extrême-droite).

À voir lundi 2 décembre à partir de 20h

Nous abordons aussi cette fascisation actuelle à travers le concept d’« impérialisme continental » (Hannah Arendt). Il ne s’agit ni d’un « impérialisme colonial » ni d’un « totalitarisme » : d’un côté, ce fascisme-là ne prétend pas (encore) partir à la conquête de terres exotiques ; de l’autre, ce fascisme-là ne prétend pas à la production idéale d’un « homme nouveau ». Ce fascisme-là, selon Feher, est un fascisme d’épuration, ethno-différentialiste fondé sur le retour nostalgique à une terre que l’on nous a promise et que l’on a perdue. Dans le fascisme russe, inspiré par Ilyne ou Douguine, l’impérialisme se limite aux frontières de l’ancienne formation impériale russe et soviétique : ferveur nostalgique épuratrice. Dans le fascisme israélien, la colonisation ne se fait pas sur une population indigène exotique mais dans le mythe biblique et à travers lui. L’idéologie néofasciste de l’hindutva indienne, fétichisant le Grand Bharat (l’Inde pré-coloniale), se donne lui aussi dans des limites où la Grandeur est concomitante d’une Nostalgie et d’une rétribution. Le mouvement MAGA qui accompagne le trumpisme est très exactement l’articulation de cette Greatness, la réactivation du mythe fondateur étasunien, et de la Rédemption messianique vengeresse – qui…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com