L’intelligence artificielle va bouleverser de fond en comble les modèles de production d’images. Le secteur du cinéma se trouve au cœur de ces mutations. Usera-t-il de son poids pour les empêcher ? À moins que de nouveaux entrants ne viennent perturber le jeu des entreprises en place…
Après le texte et l’image, l’année 2024 marque l’entrée de l’IA génératrice de vidéo avec les IA Sora d’OpenAI et de Veo de Google du côté étasunien, et de Vidu de Shengshu et de Dream Machine de Lumai AI du côté chinois. Pour une filière en plein doute après l’irruption d’IA de génération de texte ayant entraîné une grève historique de 148 jours des scénaristes et des acteurs à Hollywood en 2023, la génération de vidéo soulève de nouvelles questions pour un secteur déjà dans la tourmente. En effet, la généralisation de l’IA menace de rendre obsolète la majorité des métiers liés à l’image animée.
Une filière de 4,2 milliards d’euros
À ce jour, un simple prompt avec l’IA produit n’importe quels formats courts de vidéo (environ 1 min) avec des possibilités quasi infinies pour un coût marginal. Sans être à même de générer – pour le moment – un film complet, l’évolution rapide des IA génératrices de vidéos laisse présager que ce sera possible d’ici à quelques années, bouleversant ainsi toute une filière pesant 177 milliards de dollars (en 2019, impact économique direct de la production audiovisuelle estimée et 237 milliards indirects) dans le monde. En France, la valeur créée par la filière était estimée à 4,2 milliards d’euros en 2023, selon les données du Sénat. Prenons quelques exemples, attisant tout autant l’enthousiasme que les craintes.
L’IA Sora n’apporte pas de cohérence entre les vidéos produites. Ce fait semblait annoncer l’impossibilité d’une utilisation professionnelle. Pourtant, une attention aux prompts et de nombreux essais…
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Auteur: Marius Bertolucci, Maître de conférences / Aix-Marseille Université / Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (IMPGT) / CERGAM / Société de Philosophie des Sciences de gestion (SPSG), Aix-Marseille Université (AMU)

