Le continent africain dépend largement de l’étranger pour les vaccins. Seul 1 % des vaccins administrés sont produits localement, le restant est importé, majoritairement en provenance d’Asie. Cette dépendance vis-à-vis de l’extérieur engendre des risques en matière de chaînes d’approvisionnement et donc d’accès aux vaccins, comme l’a douloureusement révélé la pandémie de Covid-19.
Les questions éthiques et morales de cette iniquité vaccinale ont réveillé les consciences des communautés africaine et internationale, et fait ressurgir le débat sur la mise en place d’industries locales de fabrication de vaccins. De nombreuses parties prenantes publiques et privées sont aujourd’hui impliquées dans le développement de tels systèmes de production. Mais plusieurs obstacles demeurent. Explications.
Des capacités de production très déficitaires
Durant la pandémie de Covid-19, les pays du continent ont connu des retards dans la réception des doses, et donc dans l’immunisation de leurs populations, en dépit des mécanismes de solidarité internationale mis en œuvre (tels que le dispositif COVAX). En raison de sa dépendance aux importations, le continent n’a pas pu compter sur la production locale de vaccins.
Cette situation n’est pas étonnante : en 2020, seuls 10 fabricants de vaccins opéraient dans 5 pays, ce qui révèle le peu de soutien politique et financier accordé au développement d’une industrie pharmaceutique sur le sol africain, et ce depuis des décennies. Les partenaires internationaux et les gouvernements locaux ont longtemps préféré importer des vaccins et diriger leurs efforts vers d’autres secteurs jugés plus prioritaires.
Suite à la pandémie, cependant, la forte mobilisation africaine et internationale a contribué à la dynamisation des projets de production de vaccins. On dénombre aujourd’hui une trentaine de projets à travers 14 pays.
De nombreux acteurs impliqués
De…
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Auteur: Astrid Lannuzel, Docteur en pharmacie, Université Paris-Saclay

