D’un pur point de vu comptable, le butin des pillages du 17 octobre reste assez modeste. N’importe quelle inondation, sécheresse, catastrophe écologique ou piratage de frigos de supermarché s’accompagne de son lot de marchandises perdues. Comment s’expliquer alors que les évènements récents aient suscité pareille terreur dans les ministères et sur les plateaux télé ? Peut-être que les manifestants d’octobre n’ont pas seulement volé, redistribué ou détruit des marchandises mais qu’ils ont d’abord et par-dessus tout profané quelque chose de sacré.
Que font ces ordres de vandales, en ce mois de mars 1871, déferlant des Aventins Grand-parisiens sur le centre de la capitale ? C’est la ville qui libère la ville ; c’est la marge qui récupère sa ville.
Que font ces ordres de vandales, en ce mois d’octobre 2026, déferlant des Aventins ultra-parisiens sur le centre de Paris ? C’est la banlieue qui braque la ville ; c’est le ban qui se libère.
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Que signifie libérer ? Libérer signifie restituer au monde commun ce qu’une pernicieuse opération avait préalablement retranché de l’usage, du monde, du quotidien : libérer veut dire profaner.
Les communards, les communardes, celles et ceux qui prennent les rues, les arrondissements, les diocèses, qui grouillent désormais dans l’étendue parisienne, qui prennent finalement l’hôtel de ville en soirée, ce 18 mars 1871, proclament, véritablement et d’abord sans besoin de cérémonie officielle, que cette ville leur appartient. Ces communardes et communards achèvent – pour 72 jours à tout le moins – la reconquête de la ville par la ville. C’est cela que Commune veut dire : non pas ce qui nous appartient en propre, mais ce que l’on reprend. Profaner est une action ; cela nécessite de disputer une chose que le pouvoir avait rendue indisponible, c’est-à-dire sacrée.
On s’est souvent demandé si la Commune constituait le…
Auteur: dev
