Profession ? Puisatier. Benoît fait partie des 10 derniers réparateurs de puits français

Lans (Saône-et-Loire), reportage

Dans le jardin arboré d’une maison bourguignonne à Lans, en Saône-et-Loire, Benoît Jacquel-Blanc et son coéquipier du jour, Philippe Rochette, vérifient une dernière fois l’échafaudage qui encercle un vieux puits en pierre. Il est temps de descendre. Benoît ajuste son baudrier de sécurité, se hisse d’un saut vif sur la margelle et se laisse glisser dans la cavité… qui s’enfonce à 8 mètres sous terre.

Cette préparation, Benoît Jacquel-Blanc, originaire de Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or), la connaît bien. Il est fils de puisatier. « Je suis tombé dedans tout gamin : mon père m’emmenait sur ses chantiers, se souvient le quadragénaire aux yeux verts rieurs et à l’accent bourguignon. Je vidais les seaux, j’assurais sa sécurité. Il m’a enseigné ses techniques et transmis son savoir, je lui dois beaucoup. » Cela fait maintenant six ans qu’il a repris l’entreprise paternelle et sillonne la Bourgogne-Franche-Comté pour entretenir, curer et réhabiliter les vieux puits existants.

Désormais désuets, transformés en pots de fleurs, bouchés ou sur le point de s’effondrer, les puits, communs ou privés, rythmaient autrefois la vie des villages. Ces ouvrages permettaient aux habitants d’y puiser l’eau nécessaire à la vie quotidienne avant d’être peu à peu délaissés avec l’arrivée de l’eau courante à domicile, dès les années 1960, dans les campagnes françaises. Jusqu’à aujourd’hui ? « Quand l’eau courante est arrivée, beaucoup se sont dit : “C’est tellement plus simple d’ouvrir le robinet”, explique Benoît Jacquel-Blanc. Avec les épisodes caniculaires et le manque de pluie qui se prolonge, de plus en plus de particuliers veulent remettre en marche leurs vieux puits. Après l’été sec qu’on a eu cette année, mon téléphone n’arrête pas de sonner ! »

Une dizaine de professionnels en France

En France, les puisatiers…

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Auteur: Emma Nicolas