Il est désormais plus communément admis que l’alcool et le tabac nous rendent malades. Ce que l’on sait moins, c’est que quatre industries seulement sont responsables d’au moins un tiers des décès évitables dans le monde. Il s’agit des aliments et boissons transformés malsains, des combustibles fossiles, de l’alcool et du tabac. Ensemble, ils causent 19 millions de décès chaque année, selon une récente série de rapports publiée dans The Lancet.
Ces décès sont dus à des pratiques commerciales acceptées qui mettent en avant le profit au détriment de la santé – et pas seulement à travers les produits des entreprises. Il s’agit par exemple des cigarettes qui causent le cancer, des boissons sucrées qui entraînent l’obésité ou du charbon qui entraîne des émissions de dioxyde de carbone. Les plus grandes sociétés commerciales du monde opèrent régulièrement d’une manière qui masque leurs pratiques et leur permet de continuer de se développer au nom des libertés économiques néolibérales.
Ces entreprises multinationales entraînent une augmentation rapide des taux de maladie et de mortalité, des handicaps, des dommages environnementaux et une aggravation des inégalités sociales. La série du Lancet décrit un “système pathologique” dans lequel un groupe important d’acteurs commerciaux est de plus en plus en mesure de causer des dommages et d’en faire payer le coût aux autres. Ils en tirent profit sans avoir à supporter le moindre coût des produits nocifs commercialisés auprès d’un public non averti.
Les acteurs commerciaux doivent assumer les coûts réels des dommages qu’ils causent si l’on veut éviter que d’autres dommages. Les gouvernements devront demander des comptes aux acteurs commerciaux. Et les normes doivent être redéfinies dans l’intérêt public, en attirant l’attention sur le droit à la santé et l’obligation gouvernementale de protéger la santé, et pas seulement sur les libertés des entreprises.
Le secteur commercial existe pour faire du profit. Dans la logique du secteur privé, cela l’emporte sur les considérations de santé publique et de bien-être. Les effets de l’activité commerciale sur la santé peuvent être positifs, comme l’emploi de personnes dans les communautés. Mais la plupart sont néfastes. En santé publique, nous les appelons “déterminants commerciaux de la santé”.
Les pratiques commerciales à l’origine de ces effets vont de la légalité à…
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Auteur: Teurai Rwafa, Senior Researcher, SAMRC/Wits Centre for Health Economics and Decision Science – PRICELESS SA, University of the Witwatersrand

