Saint-Péray (Ardèche), reportage
« Il y avait des pieds de vigne et, de ce côté, c’était une friche sauvage », indique Simon. Le 2 septembre, en quelques heures, ce militant a assisté au défrichement de plus d’un hectare de terre agricole entre les villages de Cornas et Saint-Péray, en Ardèche. Une zone où un diagnostic archéologique doit être réalisé ces prochains jours dans l’optique de construire une déviation routière de 1,7 km entre Saint-Péray et Valence (Drôme).
« Ici, un pin a même été déraciné et le tracteur a fait plusieurs allers-retours dessus pour le broyer complètement », raconte-t-il, encore affligé par la scène. Depuis une semaine, comme une dizaine d’autres personnes, cet habitant du secteur passe le plus clair de son temps perché dans une cabane, construite une semaine plus tôt, pour tenter de protéger les arbres au milieu du tracé de la déviation et, plus largement, la plaine de Saint-Péray.
« À force de passer du temps sur place, on découvre de nouvelles espèces tous les jours », s’enthousiasme le militant. Le faucon crécerelle qui s’arrête chaque soir, la visite des mésanges le matin, l’impressionnant terrier de renard caché par les herbes, les écureuils dans les arbres voisins… Alors qu’il liste les animaux observés sur le site, son voisin l’arrête : « Regarde, ce sont des gobemouches noirs, ils sont en migration. »
« Un modèle tout routier »
D’après l’étude réalisée par la communauté de communes Rhône Crussol, les effets du projet routier sur ces oiseaux migrateurs protégés en France, comme sur les autres espèces animales et végétales, sont jugés faibles, voire positifs du fait des mesures compensatoires (plantation d’arbres, éclairage réduit, aménagement d’un pont afin de favoriser l’envol des chauves-souris).
Une analyse contestée par les fédérations locales de France Nature Environnement (Frapna Drôme et…
Auteur: Pauline De Deus

